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Sujet de BAC. PRO.
BIS |
| Texte 1
Albert Camus, né en Algérie en 1913, évoque ici des souvenirs d’enfance. C’est le personnage nommé Jacques qui le représente. La cérémonie avait lieu le dimanche après-midi et parfois le jeudi. Le cinéma de quartier se trouvait à quelques pas de la maison et il portait le nom d’un poète romantique comme la rue qui le longeait. Avant d’y entrer, il fallait franchir une chicane d’éventaires présentés par des marchands arabes et où se trouvaient pêle-mêle des cacahuètes, des pois chiches séchés et salés, des lupins, des sucres d’orge peints en couleurs violentes et des "acidulés" poisseux. D’autres vendaient des pâtisseries criardes, parmi lesquelles des sortes de pyramides torsadées de crème recouvertes de sucre rose, d’autres des beignets dégoulinant d’huile et de miel. Autour des éventaires, une nuée de mouches et d’enfants, attirés par le même sucre, vrombissaient ou hurlaient en se poursuivant sous les malédictions des marchands qui craignaient pour l’équilibre de leur éventaire et qui du même geste chassaient les mouches et les enfants. Quelques-uns des marchands avaient pu s’abriter sous la verrière du cinéma qui se prolongeait sur un des côtés, les autres avaient placé leurs richesses gluantes sous le soleil vigoureux et la poussière soulevée par les jeux des enfants. Jacques escortait sa grand-mère qui, pour l’occasion, avait lissé ses cheveux blancs et fermé son éternelle robe noire d’une boucle d’argent. Elle écartait gravement le petit peuple hurlant qui bouchait l’entrée et se présentait à l’unique guichet pour prendre des "réservés". A vrai dire, il n’y avait le choix qu’entre ces "réservés" qui étaient de mauvais fauteuils de bois dont le siège se rabattait avec bruit et les bancs où s’engouffraient en se disputant les places les enfants à qui on n’ouvrait une porte latérale qu’au dernier moment. Albert Camus, (1913-1960) Le Premier Homme (manuscrit d’un roman inachevé, publié en 1994, 34 ans après la mort d’Albert Camus) Texte 2 François Cavanna, né en 1923, évoque ses souvenirs d’enfance dans la banlieue parisienne. C’était pas longtemps après le moment où le cinéma, plof!, était devenu parlant. Du jour au lendemain, toutes les salles avaient dû s’équiper pour projeter des films parlants. Les gens, tu penses, ils ne voulaient plus payer pour aller voir des trucs où il fallait tout le temps que l’histoire s’arrête pour que tu lises en écrit ce qu’ils étaient en train de se dire en parlé dans le film. Ca cassait l‘action, et puis si tu lisais pas les paroles assez vite t’arrivais jamais à savoir tout ce qui se disait, si bien que tu comprenais rien... Voilà donc que le cinoche était devenu parlant, et avec de la musique autour, même, de la vraie grosse musique avec des trompettes, comme à l’opéra, pas le piano misérable de la vieille demoiselle devant l’écran du Central-Palace, non, de la vraie musique très triste quand la belle jeune fille reçoit la lettre qui lui apprend que son fiancé a été tué, terrible à te glacer le sang quand le monstre étrangleur s’avance dans l’ombre, toute doucereuse quand le traître, avec un sourire de traître, va, sur la pointe des pieds, renseigner l’ennemi... C’est drôlement bien foutu, on peut pas se tromper, on comprend bien tout, on sait si c’est du tragique ou si c’est du comique, le progrès, c’est beau, moi je trouve. Cavanna, Les Ritals, 1978
Texte 1 Albert Camus, né en Algérie en 1913, évoque ici des souvenirs d’enfance. C’est le personnage nommé Jacques qui le représente. La cérémonie avait lieu le dimanche après-midi et parfois le jeudi. Le cinéma de quartier se trouvait à quelques pas de la maison et il portait le nom d’un poète romantique comme la rue qui le longeait. Avant d’y entrer, il fallait franchir une chicane d’éventaires présentés par des marchands arabes et où se trouvaient pêle-mêle des cacahuètes, des pois chiches séchés et salés, des lupins, des sucres d’orge peints en couleurs violentes et des "acidulés" poisseux. D’autres vendaient des pâtisseries criardes, parmi lesquelles des sortes de pyramides torsadées de crème recouvertes de sucre rose, d’autres des beignets dégoulinant d’huile et de miel. Autour des éventaires, une nuée de mouches et d’enfants, attirés par le même sucre, vrombissaient ou hurlaient en se poursuivant sous les malédictions des marchands qui craignaient pour l’équilibre de leur éventaire et qui du même geste chassaient les mouches et les enfants. Quelques-uns des marchands avaient pu s’abriter sous la verrière du cinéma qui se prolongeait sur un des côtés, les autres avaient placé leurs richesses gluantes sous le soleil vigoureux et la poussière soulevée par les jeux des enfants. Jacques escortait sa grand-mère qui, pour l’occasion, avait lissé ses cheveux blancs et fermé son éternelle robe noire d’une boucle d’argent. Elle écartait gravement le petit peuple hurlant qui bouchait l’entrée et se présentait à l’unique guichet pour prendre des "réservés". A vrai dire, il n’y avait le choix qu’entre ces "réservés" qui étaient de mauvais fauteuils de bois dont le siège se rabattait avec bruit et les bancs où s’engouffraient en se disputant les places les enfants à qui on n’ouvrait une porte latérale qu’au dernier moment. Albert Camus, (1913-1960) Le Premier Homme (manuscrit d’un roman inachevé, publié en 1994, 34 ans après la mort d’Albert Camus) Texte 2 François Cavanna, né en 1923, évoque ses souvenirs d’enfance dans la banlieue parisienne. C’était pas longtemps après le moment où le cinéma, plof!, était devenu parlant. Du jour au lendemain, toutes les salles avaient dû s’équiper pour projeter des films parlants. Les gens, tu penses, ils ne voulaient plus payer pour aller voir des trucs où il fallait tout le temps que l’histoire s’arrête pour que tu lises en écrit ce qu’ils étaient en train de se dire en parlé dans le film. Ca cassait l‘action, et puis si tu lisais pas les paroles assez vite t’arrivais jamais à savoir tout ce qui se disait, si bien que tu comprenais rien... Voilà donc que le cinoche était devenu parlant, et avec de la musique autour, même, de la vraie grosse musique avec des trompettes, comme à l’opéra, pas le piano misérable de la vieille demoiselle devant l’écran du Central-Palace, non, de la vraie musique très triste quand la belle jeune fille reçoit la lettre qui lui apprend que son fiancé a été tué, terrible à te glacer le sang quand le monstre étrangleur s’avance dans l’ombre, toute doucereuse quand le traître, avec un sourire de traître, va, sur la pointe des pieds, renseigner l’ennemi... C’est drôlement bien foutu, on peut pas se tromper, on comprend bien tout, on sait si c’est du tragique ou si c’est du comique, le progrès, c’est beau, moi je trouve. Cavanna, Les Ritals, 1978
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| QUESTIONS
PREMIERE PARTIE compétences de lecture Texte n°1 1 Quelles impressions se dégagent de la description présentée dans le texte n°1 ? Vous justifierez votre réponse par une étude des champs lexicaux les plus significatifs. 2 Montrez que le couple formé par Jacques et sa grand-mère forme un contraste avec l’ambiance du lieu évoqué dans le texte. Texte n°2 3 En quoi l’événement évoqué dans ce passage a-t-il pu marquer le narrateur ? Texte n°1 et texte n°2 4 Vous montrerez ce que les deux textes ont en commun et comment ils se différencient. Vous construirez votre réponse en réfléchissant sur le thème traité, les intentions des auteurs, sur le genre littéraire dans lequel ils s’expriment et sur les caractéristiques d’écriture des textes.
DEUXIEME PARTIE - compétences d’écriture Le foyer socio-éducatif du lycée entreprend une action en liaison avec un propriétaire de salle de cinéma pour relancer la fréquentation du public lycéen en offrant des abonnements mensuels à tarif très réduit. Vous êtes chargé de rédiger une note destinée aux élèves pour les convaincre de profiter de cette possibilité. (texte de trente à quarante lignes) CONSEILS DE METHODE PREMIERE PARTIE Préparation des réponses. 1 Surligner les termes composant les champs lexicaux significatifs et donnez une étiquette à chaque champ lexical identifié (par exemple, le désordre, le mouvement, etc.). Il faudra les citer dans la réponse. 2 Observer les termes employés pour évoquer la grand-mère et demandez-vous en quoi elle produit un contraste avec le tableau précédent. (les questions 1 et 2 sont liées) 3 Bien identifier l’événement qui est le sujet du texte. Rechercher ensuite les raisons (exprimées dans le texte) pour lesquelles cet événement reste un "souvenir" marquant. 4 Préparer la réponse au brouillon dans un tableau. Colonnes : points communs différences. Lignes : thème, intention, genre, écriture (notamment le registre de langue). Rédaction des réponses : pensez à la phrase introductive de chaque réponse : reprenez les mots-clés de la question, annoncez l’idée principale que vous allez développer. DEUXIEME PARTIE. Analysez le situation proposée : qui s’adresse à qui ? (choix des pronoms). Pensez à informer d’abord les destinataires du contenu du projet (ils ne le connaissent pas). Ensuite vous avez à les convaincre : il faut donc développer une argumentation.
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