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BACCALAUREAT PROFESSIONNEL EPREUVE DE FRANÇAIS SESSION 2003 - ANTILLES Coefficient 3 Durée : 2H 30 Pour obtenir un texte conforme à l'original dans sa présentation utiliser le téléchargement. Téléchargement au format Word (.doc) |
Consultation du sujet :
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J'ai arrêté de regarder la télévision. J'ai
arrêté d'un coup, définitivement, plus une émission, Partout c'était les mêmes images indifférenciées,
sans marges et sans en-têtes, sans Une des principales caractéristiques de la
télévision quand elle est allumée est de nous tenir Jean-Philippe TOUSSAINT, La télévision, 1997 |
QUESTIONS
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I - COMPÉTENCES DE LECTURE (10 points) l - "J'ai arrêté de regarder la télévision" écrit Jean-Philippe Toussaint. Quelles critiques formule-t-il à l'égard de la télévision dans le troisième paragraphe ? Selon lui, quelles sont les conséquences sur le téléspectateur ? (4 points) 2 - a) Comment le spectacle télévisuel est-il présenté dans le deuxième paragraphe (organisation des programmes, contenu des émissions, images citées, etc.) ? b) Quels sont dans ce deuxième paragraphe les différents procédés d'écriture employés par l'auteur ? Vous étudierez en particulier la ponctuation, le rôle des présentatifs, la valeur de l'imparfait, la syntaxe, le lexique, etc. En vous appuyant sur les analyses précédentes, vous direz quel est l'effet produit sur le lecteur. (6 points) II - COMPÉTENCES D'ÉCRITURE (10 points) Vous n'êtes pas d'accord avec la décision de Jean-Philippe Toussaint : "J'ai arrêté de regarder la télévision". Vous lui écrivez pour développer ce point de vue (une quarantaine de lignes). N.B. ; Afin de respecter les règles de confidentialité, votre texte ne révélera ni votre identité, ni le lieu où il est écrit. |
mis en ligne le 14 octobre 2003
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Corrigé
Texte : La télévision, J.P. ToussaintI - Compétences de lecture (10 points) l - "J'ai arrêté de regarder la télévision" écrit Jean-Philippe Toussaint. Quelles critiques formule-t-il à l'égard de la télévision dans le troisième paragraphe ? Selon lui, quelles sont les conséquences pour le téléspectateur ? (4 points) La télévision, selon Jean-Philippe Toussaint, soumet le téléspectateur à une sollicitation ininterrompue des sens, les stimulant en permanence par des signaux visuels et sonores qui maintiennent le téléspectateur dans un état de veille qui ne laisse jamais le temps nécessaire à la réflexion. En réaction à cette excitation continue, l'esprit abusé par les " nouveaux signaux aussi stridents que les précédents " se réfugie dans un " vagabondage passif" : à la fois sollicité sans cesse et peu stimulé intellectuellement, il est " anesthésié ". Se crée ainsi une perpétuelle " fuite en avant " frustrante pour l'activité intellectuelle mise dans l'impossibilité de s'exercer. Ainsi la télévision empêche-t-elle toute analyse, tout exercice de la réflexion, de l'esprit critique. En conséquence, le téléspectateur se réfugie dans une attitude passive. Il réagira de moins en moins, comme hypnotisé par le flot télévisuel, et deviendra indifférent. 2 - a) Comment le spectacle télévisuel est-il présenté dans le deuxième paragraphe (organisation des programmes, contenu des émissions, images citées, etc.) ? b) Quels sont dans ce deuxième paragraphe les différents procédés d'écriture employés par l'auteur? Vous étudierez en particulier la ponctuation, le rôle des présentatifs) la valeur de l'imparfait, la syntaxe, le lexique, etc. En vous appuyant sur les analyses précédentes, vous direz quel est l'effet produit sur le lecteur. (6 points) Le spectacle télévisuel est présenté dans le second paragraphe comme un " fourré- tout " désordonné qui accumule pêle-mêle des éléments disparates dans un flot ininterrompu et incohérent. Leur seul point commun est la mauvaise qualité des images " indifférenciées, sans marges et sans en-têtes, sans explications, brutes, incompréhensibles... équivalentes " . Le texte énumère des émissions appartenant à des domaines aussi différents que des variétés, des documentaires, évoquant un univers confus d'images de guerre, de publicité, de jeux. ..Ainsi, on passe - comme dans un zapping accéléré - d'images de divertissements plus ou moins futiles ("jeux télévisés... chansonnette... publicités... séries télévisées... c'était du football... ") à des images d'information ("c'était un débat... c'était des documentaires... c'était des informations... c'était un flash spécial. ") ou bien à des images qui rapportent des faits dramatiques empruntés à l'histoire ou a l'actualité ("c'était la deuxième guerre mondiale... [les] camps de la mort... c'était des images de guerre... une dame [...] avait été touchée, ..on continuait à tirer"). La diversité des références, leur répétition (ainsi "la publicité ", " le sport ", " les jeux " sont-ils cités de manière identique à plusieurs reprises), leur énumération, sans ordre, sans hiérarchisation, alignent ces images sur un même plan, leur attribuant par là même une qualité et une valeur identiques. La très longue phrase de plus de trente lignes qui constitue le second paragraphe se développe par une accumulation de propositions introduites par le présentatif " c'était " et juxtaposées les unes aux autres par des virgules. Cet enchaînement long et répétitif traduit avec pertinence l'aspect ininterrompu du flot des images télévisuelles. En quelque sorte, le texte mime l'image. De plus, l'emploi de l'imparfait, temps de la durée indéterminée, ainsi que la répétition plus d'une cinquantaine de fois du présentatif " c'était " évoque une continuité floue et monotone où les émissions se succèdent sans limites claires et distinctes. Dans les premières lignes, le lexique péjoratif exprime un jugement sévère et critique sur la nature et la qualité des images "incompréhensibles, bruyantes et colorées, laides, tristes, agressives et joviales, syncopées... ". En revanche, dans la suite du paragraphe, la simple désignation des images, brutalement évoquées, sans précision ou description, sans appréciation nuancée, contribue à l'efficacité du propos en imposant au lecteur la nudité et la brutalité du " spectacle télévisuel ". Ces différents procédés d'écriture noient le lecteur dans un flot d'informations comparable au flot télévisuel qui hypnotise le téléspectateur. Le lecteur se retrouve ainsi dans une attitude similaire à celle du téléspectateur qu'il est par ailleurs. Par la mise en œuvre de ces procédés, l'argumentation devient ainsi plus efficace, plus convaincante. Elle contribue à faciliter la prise de conscience, souhaitée, du lecteur. II - Compétences d'écriture (10 points) Vous n'êtes pas d'accord avec la décision de Jean-Philippe Toussaint : " J'ai arrêté de regarder la télévision ". Vous lui écrivez pour exprimer votre point de vue (une quarantaine de lignes). Quelques critères d'évaluation :• respect de la longueur ("une quarantaine de lignes ") • qualité de l'expression (syntaxe, orthographe, richesse du vocabulaire) • graphie et présentation • prise en compte de la situation de communication : l'écrit attendu a la forme normalisée d'une lettre : disposition, lieu, date, formule d'appel, formule de politesse, destinataire (J.P.Toussaint) identifié... • prise en charge explicite du point de vue opposé, reprise et contestation du point de vue initial. • visée argumentative claire : organisation et cohérence de l'argumentation, développement d'arguments pertinents, exemples, articulations... • respect des marques du discours : emploi de la première personne, temps des verbes... • on valorisera les productions qui traduisent un souci d'efficacité du message, qui utilisent un ton convaincant voire polémique, qui expriment l'engagement personnel. JP DURAND - IEN Lettres Rectorat de Nantes, avril 2003 |